Le carcinome épidermoïde est le deuxième cancer de la peau le plus fréquent, et il se comporte différemment du basocellulaire : il peut évoluer plus vite et, dans certains cas, s’étendre au-delà de la peau. La chirurgie de Mohs du carcinome épidermoïde répond à cet enjeu par un contrôle rigoureux des marges pendant l’opération. Voici quand elle est indiquée et comment elle se déroule.
Comprendre le carcinome épidermoïde
Le carcinome épidermoïde, aussi appelé spinocellulaire, naît des cellules de l’épiderme. Il se développe souvent sur les zones les plus exposées au soleil : visage, cuir chevelu dégarni, oreilles, dos des mains, lèvre inférieure.
Contrairement au basocellulaire, il présente un risque — faible mais réel — d’atteinte des ganglions. C’est pourquoi son exérèse doit être complète et fiable. Une lésion qui saigne, une croûte qui ne guérit pas, une plaie qui persiste plusieurs semaines : ce sont des signes qui méritent un avis dermatologique.
En consultation, je rappelle souvent qu’un carcinome épidermoïde pris tôt se traite dans d’excellentes conditions. Le facteur qui change tout, c’est le délai.
Pourquoi la chirurgie de Mohs du carcinome épidermoïde ?
L’intérêt de la méthode tient à sa vérification en temps réel. On retire la tumeur couche par couche, chaque couche étant analysée au microscope pendant l’intervention. On ne referme qu’une fois toutes les berges déclarées saines.
Pour un carcinome épidermoïde situé sur une zone à risque ou aux contours mal définis, ce contrôle exhaustif réduit le risque de laisser des cellules en place. La chirurgie de Mohs du carcinome épidermoïde est donc particulièrement pertinente sur le visage, où l’on veut à la fois tout retirer et préserver un maximum de tissu sain.
Selon la Haute Autorité de Santé, le contrôle histologique des marges est un critère central dans la prise en charge des carcinomes cutanés à risque de récidive (HAS).
Les indications précises
Toutes les lésions ne relèvent pas de cette technique. Je la propose en priorité dans plusieurs situations.
- Localisation à fort enjeu : nez, paupières, lèvres, oreilles, où chaque millimètre compte.
- Contours mal délimités : tumeur dont on ne voit pas nettement les limites.
- Récidive : carcinome réapparu après un premier traitement.
- Tumeur étendue ou agressive : forme mal différenciée, croissance rapide.
Pour d’autres carcinomes épidermoïdes, bien limités et sur une zone peu exposée, une exérèse classique reste tout à fait adaptée. Le bon choix se décide après examen, comme je l’explique sur la page dédiée à la chirurgie des cancers cutanés.
Comment se déroule l’intervention
Le principe est un cycle que l’on répète autant que nécessaire.
- Retrait d’une couche. Sous anesthésie locale, je retire la tumeur visible avec une fine marge.
- Analyse au microscope. Le prélèvement est orienté puis examiné. Cette étape dure vingt à quarante minutes, pendant lesquelles vous patientez.
- Décision. Si des cellules persistent sur une berge, je retire une nouvelle couche à cet endroit précis, et nulle part ailleurs.
- Reconstruction. Une fois les berges saines, on referme et on reconstruit.
L’intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie locale, en ambulatoire. Vous rentrez chez vous le jour même. La durée varie selon le nombre de couches nécessaires : une lésion simple part en une couche, une tumeur étendue en demande parfois plusieurs.
Après l’intervention et surveillance
Les suites sont généralement simples : pansements, parfois un œdème passager. La cicatrice évolue sur plusieurs mois, et les résultats peuvent varier d’un patient à l’autre selon la peau et la localisation.
Le carcinome épidermoïde justifie une surveillance dermatologique régulière après le traitement. Le risque de développer une nouvelle lésion existe, surtout chez les personnes à peau claire ou très exposées au soleil au cours de leur vie. Cette surveillance passe aussi par un examen attentif de la peau, que l’on peut compléter par une cartographie des grains de beauté au Fotofinder.
Risques et prise en charge
Comme toute chirurgie, la méthode comporte des risques que je détaille en consultation : saignement, infection, retard de cicatrisation, modification de la sensibilité locale. Ils restent limités et font partie des points que nous abordons ensemble avant de décider.
S’agissant du traitement d’un cancer, l’intervention relève d’une prise en charge par l’Assurance Maladie, dans les conditions habituelles. Un devis personnalisé vous est remis en consultation, une fois la lésion évaluée.
FAQ — Chirurgie de Mohs et carcinome épidermoïde
La chirurgie de Mohs convient-elle à tous les carcinomes épidermoïdes ?
Non. Elle est surtout indiquée pour les lésions du visage, aux contours flous, récidivantes ou étendues. Pour un carcinome bien limité sur une zone peu exposée, une exérèse classique suffit souvent.
Le carcinome épidermoïde est-il dangereux ?
Pris tôt, il se traite dans d’excellentes conditions. Il présente toutefois un risque, faible mais réel, d’extension, ce qui justifie une exérèse complète et une surveillance après traitement.
L’intervention est-elle douloureuse ?
Elle se fait sous anesthésie locale, donc sans douleur pendant le geste. Les suites sont le plus souvent bien calmées par un antalgique simple.
Combien de temps dure l’opération ?
Cela dépend du nombre de couches nécessaires. Entre chaque couche, l’analyse au microscope prend vingt à quarante minutes, si bien qu’une intervention peut durer de deux à plusieurs heures.
Faut-il une surveillance après le traitement ?
Oui. Un suivi dermatologique régulier est recommandé pour dépister une éventuelle récidive ou une nouvelle lésion, surtout en cas de peau claire ou d’antécédents d’exposition solaire.
Pour en discuter en consultation
Si une lésion vous inquiète ou si un carcinome épidermoïde vient de vous être diagnostiqué, le point de départ reste la consultation. Une consultation préalable est obligatoire avant toute intervention, et nous y examinons ensemble l’approche la mieux adaptée.
Vous pouvez prendre rendez-vous via Doctolib ou contacter le cabinet au 01 84 39 01 11. Le Dr Gianfermi vous reçoit sur ses deux cabinets :
- Cabinet Suffren — 29 Av. de Suffren, 75007 Paris
- Cabinet Renaissance — 54 rue Voltaire RDC, 92300 Levallois-Perret
Pour aller plus loin, consultez le guide patient de la chirurgie de Mohs et la page dédiée à la chirurgie de Mohs du visage.